Histoire

Ci-dessous figure le cadavre exquis. Merci de prendre connaissance des règles si vous voulez participer.

Partie 1

Je me rappellerai toujours de cette longue avenue dans laquelle le vent, en s’engouffrant, raisonnait d’une sombre mélodie qui, accompagnée des lourds claquements des quelques volets parsemés ici et là, vous avertissait que la vie ici n’était plus. Elle a été, peut-être, probablement, mais ne le serait jamais plus. Cette sinistre avenue s’étendait à perte de vue. Ténébreuse, froide, elle se dérobait à chaque pas pour ne jamais se terminer. Jamais je n’ai osé la parcourir, jamais je n’en eu le besoin, personne ne l’utilisait. Elle était abandonnée, la vie ne l’avait plus foulée jusqu’au jour où, poursuivi par mes propres démons, je dû m’y cacher.

Par Valentin.

Partie 2

Les lumières célestes n’éclairaient que faiblement mon turbulent passage. Je m’étais plaqué au premier recoin disponible et immédiatement après, une lumière se braqua sur la rue. Je ne pus que serrer plus fort le lourd paquet entre mes bras et implorer la miséricorde divine. Se passa une seconde qui me parut une heure avant que la lumière ne se détourne. J’osai alors un coup d’œil et vit deux grandes silhouettes s’éloignant de l’autre côté, leurs bottes claquant sur les pavés. La bruine agaçante qui collait mes cheveux se transforma rapidement en averse salvatrice. Caché derrière ce rideau d’eau, je n’eus plus peur de rejoindre ma demeure. Les escaliers firent souffrir mes jambes douloureuses et craquèrent pour me souhaiter la bienvenue. Dans le salon je posai mon barda sur la table et m’affalai sur un fauteuil. Je ne savais plus quoi penser, le jeu en valait-il seulement la chandelle ?

Par Océane.

Partie 3

Cela fait plusieurs années que je transporte ce paquet. Je l’ai trouvé au détour d’une ruelle lorsque, tranquillement, je me laissais aller à la paresse, flânant dans les rues colorées d’une charmante petite ville au nom immémoré. Il était là, devant moi, exaltant son effrayante et ensorcelante attraction. Je n’étais plus maître de moi-même. De mes esprits il avait le plein contrôle et il ne tarda pas à m’ordonner de l’extraire du petit socle rouge sur lequel il reposait. Lorsque mes doigts le touchèrent, il se mit à briller d’une intense lumière. Les promeneurs, bien que peu nombreux et occupés à jaboter de ce que serait leur soirée, ignorèrent totalement la scène ; aucun d’eux ne se retourna ou ne fit signe. Acquis, en ma possession, le paquet était devenu inerte et, à plusieurs reprises, j’hésitais à le replacer. Dès lors que mes bras se tendaient et que mes genoux fléchissaient pour l’y redéposer, celui-ci se fondait dans mon corps. M’en séparer était alors devenu inconcevable. Je ne pouvais amputer ce nouvel organe qui, en maître absolu de mes désirs, jouait de mon corps et de mon âme.

Par Valentin.

Partie 4

Ma vie prit alors un tournant sans précédent. Je le laissais remodeler mon esprit à loisir, bien heureux d’accéder à des secrets qui jusqu’alors m’étaient inconnus. Il ne me manipulait pas, il m’élevait vers une vérité insoupçonnée. Quelques jours plus tard je décidais de sortir de ma demeure pour enfin affronter le monde. Celui-ci me parut stupide et dénué de sens. Je méritais bien mieux, affirmait ma chère trouvaille. En rentrant, j’ouvris le tissu qui la gardait à l’abris. Elle se mit à briller de milles feux et ses joyaux revêtirent leurs plus belles couleurs. Je la soulevai à bout de bras, et en un geste solennel, me couronna. Je pouvais déjà entendre mes sujets m’acclamer et je me vis dans le miroir porter une épée, un sceptre et une lourde cape d’hermine. “Voilà donc ce qui te manque” affirma la couronne. Et c’est dans une venteuse avenue que se cachait l’un d’eux.

Par Océane.